Robert Guédiguian, l'Estaque et le cinéma d'un Marseille humain
Le cinéaste marseillais a partagé ses souvenirs et ses lieux emblématiques, révélant un sud populaire où se mêlent mémoire, solidarité et cultures.
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- Marseille 16e
- Par la rédaction

Robert Guédiguian a récemment offert une plongée intime dans le Marseille qui a façonné son cinéma, entre l’Estaque, ses racines arméniennes et les valeurs d’un sud profondément humain. Lors d’une rencontre avec Carole Gaessler, il a revisité les lieux de son enfance et de son inspiration, rappelant combien cette ville, loin des clichés, est avant tout un creuset de vies et de rencontres. Une balade qui a révélé l’âme d’un quartier et d’une œuvre cinématographique indissociables de leur territoire.
Un quartier, une enfance, une œuvre
L’Estaque, ce quartier du 16e arrondissement où Robert Guédiguian a grandi, n’est pas seulement un décor dans ses films : c’est un personnage à part entière. C’est ici, entre les ruelles et le port, qu’il a tourné son premier long-métrage en 1980, Le Dernier Été. Pour lui, ce quartier populaire incarne l’essence même de Marseille : un lieu où se croisent les générations, les cultures et les histoires. Lors de cette rencontre, il a évoqué avec émotion les lieux qui ont marqué son parcours, comme l’Alhambra, cette salle de cinéma du quartier devenue un symbole de ses souvenirs. L’Estaque, avec ses plages de Corbières et son port animé, reste le cœur battant de son imaginaire.
Le sud, une manière de vivre et de filmer
Pour Robert Guédiguian, le sud ne se limite pas à ses paysages ensoleillés. C’est une philosophie, une façon d’aborder la vie et le cinéma. Ses films, comme Marius et Jeannette, mettent en lumière des personnages issus des classes populaires, avec une attention particulière portée aux liens sociaux, au travail et à la solidarité. Lors de cette balade marseillaise, il a souligné l’importance des savoir-faire locaux, comme ceux des chantiers navals où se fabriquent les célèbres barquettes marseillaises. Ces lieux, où se perpétuent des traditions, sont pour lui une source inépuisable d’inspiration. Le sud, c’est aussi cette capacité à créer du lien, à faire vivre une ville au quotidien, bien loin des images touristiques.
Marseille, ville-monde et mémoire arménienne
L’histoire personnelle de Robert Guédiguian est indissociable de ses origines arméniennes. Lors de cette rencontre, il a évoqué avec tendresse cette mémoire familiale qui a nourri son identité et son œuvre. Marseille, ville portuaire ouverte sur la Méditerranée, a toujours été un carrefour de cultures. Pour le cinéaste, cette diversité fait partie de l’ADN de la cité phocéenne. « Ça se mélange ici, les gens s’aiment entre religions différentes, entre peuples différents », a-t-il déclaré. Cette vision d’une ville où se côtoient harmonieusement les différences résonne particulièrement dans un quartier comme l’Estaque, où les communautés se sont toujours mélangées. C’est cette humanité, cette capacité à vivre ensemble, qui donne à Marseille son caractère unique.
Un cinéma ancré dans le réel
Pourquoi Marseille revient-elle avec autant de constance dans les films de Robert Guédiguian ? Peut-être parce que cette ville offre une matière humaine inépuisable. Ses personnages, ses quartiers et son histoire sociale sont les piliers de son cinéma. « Pour moi, le Sud, ça grouille de vie, d’idées, de débats contradictoires », a-t-il expliqué. Derrière cette déclaration d’amour à Marseille se dessine une certaine conception du cinéma : raconter les gens, leurs histoires, leurs espoirs et leurs solidarités. Une approche qui a fait de lui l’un des cinéastes les plus attachés à cette ville, où chaque rue, chaque visage, chaque conversation peut devenir une scène de film.
Comme le relate France 3 Provence-Alpes, cette rencontre a permis de redécouvrir Marseille à travers le regard d’un de ses enfants les plus illustres. Si vous souhaitez explorer d’autres facettes de la culture marseillaise, pourquoi ne pas découvrir la Fiesta des Suds 2026, 35 ans de musique et de rencontres solidaires ? Ou encore, laissez-vous guider lors d’une balade dans le quartier du Panier, autre lieu emblématique de la ville.
En pratique
Pour revivre cette rencontre avec Robert Guédiguian, vous pouvez consulter l’émission Mon côté Sud diffusée le 3 octobre sur france.tv. Si vous souhaitez soutenir le cinéma indépendant et les initiatives culturelles marseillaises, vous pouvez suivre les prochaines projections et événements organisés par des salles comme l’Alhambra, située au 2 Rue du Cinéma dans le 16e arrondissement. Pour en savoir plus sur les quartiers qui ont inspiré le cinéaste, une visite de l’Estaque et de ses alentours s’impose, comme le suggère la page dédiée à Marseille 16e.
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Bonne nouvelleDans le 16e arrondissement
L'Estaque, ses petits bateaux et ses chichis frégis ont séduit Cézanne, Braque et Dufy. Le 16e est une respiration au nord de la rade, avec des plages familiales et une vue imprenable sur le port.
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